Mardi, Singi le village lapon

Kiruna 9H00, Boutique d’affaires de montagne. Eric et Seb trouvent leur bonheur et embarquent 2 réchauds essence flambant neufs. Reste à combler les 19 bornes pour rejoindre le reste du groupe sous le Kebnekaise. Après une bonne nuit dans un lit douillet, leurs jambes fourmillent, c’est chose faite 2Hoo de skate plus tard. Le temps est toujours au beau fixe, les températures très froides la nuit mais légèrement négatives en journée avec un léger vent du nord. Pour l’instant, on est vernis.

onremballe.jpg  On remballe…

Début d’après midi, il est temps de partir pour l’étape du jour, en direction de Singi, petit village lapon situé au bord d’un lac à 15km. Les chiens sont en forme, ils se sont reposés tout le matin à l’instar du reste du groupe resté sous le Kebnekaise. Eric et Seb, eux sont déjà échauffés. Australe en profite pour se laisser embarquer par la vitesse d’une pente et faire un roulé-boulé avec sa pulka sous les yeux inquiets d’Elise qui se demande si sa chienne a souffert de la galipette…  » ne t’inquiète pas, il y en aura d’autres! »

La vallée se resserre, elle est de plus en plus encaissée et laisse entrevoir des sommets plus escarpés. Ici, c’est le paradis du ski de rando en peaux de phoque. Ca donne envie de revenir en troquant nos paires de nordique contre des skis de rando alpin.

verssinji1.jpg

Le ballet des motoneiges se fait moins pressant mais l’autoroute qui se déroule devant nous, ne nous fait pas oublier que nous sommes sur un itinéraire assez fréquenté l’hiver. La traversée Abisko, point le plus au nord de la Kungsleden (voie royale), -Nikkaluokta est un classique pour les suédois férus de ski de randonnée nordique ou de sport mécanique pour les moins  »verts ». Il faut savoir d’ailleurs que la législation en vigueur concernant l’accès aux véhicules motorisés, ici les motoneiges, est beaucoup plus laxiste que chez nous, dans le Jura. Pas de réglementation ou d’interdiction, c’est simple, on peut aller un peu partout, et certains doivent s’en donner à coeur joie, si l’on en croit les traces multiples que l’on aperçoit le long des pentes abruptes…

sinji2.jpg

On profite d’un vaste col pour s’arrêter et contempler ce panorama de rêve. Le bleu intense du ciel fait ressortir le blanc des montagnes. Au dessus de nous, un troupeau de rennes paissent tranquillement. Les chiens ne semblent pas les sentir et agrémentent leur pose de langoureux léchages de neige. C’est vrai qu’il ferait presque chaud sous ce soleil éclatant. Seb médite sur son cailloux et étire ses jambes de trentenaire qui ont déjà parcouru trente bornes aujourd’hui. Il est en forme l’ancien, quoiqu’il en dise!!

pc090044.jpg

Bientôt 17Hoo, nous entamons la descente vers Singi tandis que le vent semble redoubler. Il s’agit de ne pas traîner car les températures chutent vite ici. Au loin, on aperçoit les cahutes du village au bord d’un lac gelé, juste après d’autres baraquements qui constituent le refuge STF (suedish turist station). On envisage de monter les tentes derrière les maisonnettes lapones afin de s’abriter du vent. Les chiens y trouveront également un abri.

pc090053.jpg

On prend notre temps pour s’installer en admirant les derniers rayons du soleil.  Le village est quasi désert à cette période de l’année. Seules quelques baraques semblent occupées, sans doute, quelques lapons profitant de cette semaine ensoleillée pour pêcher en trouant la glace. Nath a pris le soin de demander l’autorisation à l’un deux pour l’établissement de notre camp. Il répond, le lapon, que ce n’est pas chez lui… mais qu’il n’y voit aucun inconvénient et s’empresse d’aller prévenir un cousin qui vient nous déloger presto-visso : Lapon =  fripon.

Après cet accueil local très sympathique, il ne nous reste pas beaucoup de solutions. Il est déjà tard et le temps de ranger le matos et d’atteler les chiens qui n’y comprennent rien, la nuit sera là ! Lapon = très fripon. On décide d’aller passer la nuit au refuge STF situé à 1 Km en amont du lac. Tout compte fait, on est plutôt bien au chaud dans cette cabane ! On peut manger assis et à côté du poêle à bois, faire sécher nos affaires, laver nos vêtements et faire la vaisselle sans se geler le bout des doigts ! Nous prenons le thé avec un voisin  suédois qui nous demande de l’accompagner au sommet du Kebnekaise… Nous hésitons longtemps mais notre périple débute et nous avons déjà pris du retard !  A notre grand regret, nous refusons cette proposition alléchante. Trois autres personnes viennent à nouveau prendre le thé: Nath rappelle à Sof que nous ne sommes pas une maison d’accueil mais cette rencontre aussi est intéressant. En effet, quand 2 mushers français se rencontrent au bout du monde dans une cahute de 20 m², de quoi peuvent-ils donc  bien parler ??? De chiens de traîneaux bien sûr ! François Pagnoux vient se présenter et nous discutons longtemps sous les aurores boréales tant attendues par Elodie (dommage, elle dort déjà!)

3 mai, 2010 à 8:28 | Commentaires (0) | Permalien


Lundi: Vers le kebnekaise ou la danse des motoneiges…

traversedulac.jpg  Départ

Moins 14 degrés dans la tente ce matin à 8H00 et moins 20 degrés dehors c’est rien de dire que la nuit a été froide! Pour une entrée en matière, c’est une entrée en matière : maintenant, on sait pourquoi on a signé ! On a bien fait de mettre notre réserve d’eau dans les duvets, car, oh miracle elle n’a pas gelée. Pour se réchauffer, chacun y va de son idée : Elise entame son réveil des pieds à 6h00 du mat tandis que Seb file skier on ne sait où, et la Sof fonce avec Syam au camion pour vite récupérer son bon gros thermarest ! Le reste de l’équipe se paye une grasse mat mais tous engloutis dans leur duvet.

Tempête de ciel bleu, pas un nuage, une belle journée s’annonce. Les températures s’élèvent doucement, et nous sommes bercés par le ronronnement de notre réchaud de secours. Au menu du petit déjeuner, polenta sucrée sur son lit de fruits secs… C’est pas bon ! Tout un programme !! Les corps encore vermoulus de la nuit s’étirent tandis que nos esprits ne pensent qu’à cette belle étape qui s’annonce vers le plus haut sommet de Suède: Le Kebnekaise (dite Kebnigize en lapon). Enfin, nous resterons à son pied.

Seul, le « petit » souci des réchauds récalcitrants trouble la sérénité des plus sages, Nath et Seb, nos doyens. Rien ne vient perturber l’ enthousiasme contagieux des petits jeunes. Les chiens sont en forme et ont profité de leur lit sur fond d’épinettes soigneusement préparés par Sof et Elo la veille : on a beau voyager avec des chiens polaires, ils apprécient aussi le confort ! Bohème comprend vite l’intérêt de dormir au sec et montre à ses copains comment profiter d’un confort optimal (décidément, elle est rusée notre athlète…)

Une fois les pulkas chargées de duvets, thermarests, réserves d’essence, tentes, réchauds, trousses de secours humaines et canines, duvet de secours, matériel de secours, piolet, broche à glace, ski de secours, (non, nous ne sommes pas en stage de survie !) raquettes à neige, nourriture chien et hommes, réserve d’eau…. nous partons pour Kebnekaise station.

 

dpart.jpg

 

Les sommets défilent de plus en plus abrupts à mesure que l’on progresse dans cette large vallée en U. Nos skis filent à travers les grands lacs gelés qui offrent la possibilité de skater. Les chiens tirent fort, Ciboulette et Australe font goûter à Nath et Elise les joies du ski nautique : un ski sous la glace et un au dessus: quelles belles figures de style nous avons eues là!

Petit bémol, le ballet incessant des motoneiges jusqu’à la station : mais comme dirait la Sof, les chiens ne s’en plaignent pas, « La Suède, facile  ! » semble dire Cosmic à Australe en trottant facilement sur cette piste damée. Les motoneiges : quelles drôles de machines ! Certaines se transforment en autobus avec remorques à papys, enfants ou chiens, d’autres tirent des skieurs : ici, la machine fait partie du décor. Les habitants des  motoneiges nous prennent en photo avec nos embarcations comme des singes dans un zoo, on nous fait signe pour que l’on réponde et que le flash se déclenche… bizarres ces Suédois!

lundi4.jpg  Traversée du lac

12H30. Au loin, on aperçoit les refuges de la station tandis que la pente s’élève progressivement. Les parois au dessus de la station sont verticales et les aplombs paraissent engloutir les petites cahutes. Cela fait bientôt 3H que l’on est parti et les chiens laissent apparaître des signes de fatigue. Le départ tonitruant et les pulkas bien lourdes de ce début de raid ont raison de la fougue des plus endurcis à l’instar de Cosmic.  Les chiens ont soif, la montée au milieu des bouleaux nains est plus laborieuse, et nos estomacs crient famine mais Eric nous rassure toutes les 10mn en nous confirmant qu’on arrive dans 20mn !

14H30, Après un repas frugal tout près des baraquements en bois de la station, nous tentons notre chance au petit magasin afin de trouver un remède à nos réchauds en panne de flamme. Malheureusement, nous ne trouvons que des réchauds gaz. L’inquiétude gagne le groupe, car nous sentons que notre périple va souffrir d’au moins une journée de halte forcée. Sans réchaud, il sera difficile de continuer.

 manuaffutperdsonpentalon.jpg   Manu, affuté en perd son pantalon

Après concertation, Eric et Seb partent ensemble pour rejoindre notre point de départ, Nikka pour prendre la voiture et gagner Kiruna avant la Nuit (à 1H00 de Nikka). Ils achèteront demain 2 réchauds et reviendront au plus vite. C’est parti pour 19 km en ski de rando. Les écailles ont du mal à accrocher sur cette neige gelée et la fatigue se fait sentir sur les derniers kilomètres avant Nikka. Ces longs plats semblent interminables et font regretter aux 2 gaillards de n’avoir pas louer 2 paires de skate à la station. Mais ils sont doublement heureux : les couleurs orangées tombent sur le Kebnekaise, un vrai plaisir pour les yeux, et, surtout ce soir, ils auront droit à la douche et à un bon lit tout propre chez Kristin youth hostel à Kiruna!! Les autres ne pourront pas en dire autant ! La nuit qui tombe s’annonce fidèle à la précédente, étoilée et froide. Au moins, Elise pourra bénéficier du sac de couchage de Seb!! Au petit matin, les restaurateurs viennent incinérer leurs déchets à côté du bivouac, Elise et Elodie ont peur de mourir asphyxiées… vite sauvons nous de là, direction la montagne!

 

1 mai, 2010 à 13:14 | Commentaires (0) | Permalien


Dimanche 4 avril, 1er jour de l’odyssée…

retrouvaillenikka.jpg

Quel plaisir de se retrouver ici, à Nikka(luokta) tous ensemble sous le soleil!! Le voyage s’est bien passé- pas de perte de matériel et les chiens en forme!- même si nous arrivons un peu tard : ce sera un petit après-midi. Car, le temps de charger le matos dans les pulkas et il sera vite 16H00. Malgré ça, l’humeur est au beau fixe, la neige est là en quantité, pas loin du mètre, un peu croûtée, ceci dû au réchauffement (tout relatif quand même -2°) en journée et à l’action du soleil. Eh oui, le soleil brille… et de mille feux!! Alors ne faisons pas la fine bouche, une neige croûtée, certes, mais nous savons que ça ne nous gênera pas sur les 2 premières étapes, où les motoneiges sont légions pour nous ouvrir la trace. La raison en est simple: Kebnekaise station (ne pas imaginer Tignes ou Avoriaz -je les ai choisies juste au hasard!!,- 5 chalets tout de même avec un petit magasin de sport, qui ne vend pas de réchauds!!) est à 19km de Nikka, uniquement accessible en motoneige ou ski de rando nordique.

16H00. Les chiens s’excitent, la meute ne pense qu’à filer au son mélodieux de la SOF. Au fait, ne dites jamais OK lors des discussions avant départ au risque de se retrouver les 4 pattes en l’air et skis au vent avec un chien (Je cafte: Bohème) qui fait des bonds en ricanant… (Ok est un ordre de départ canin, préférons le dicton suisse, « tout d’bon! »)

dpart.jpg

C’est marrant, ils ont l’air si sages sur la photo?? Dans tous les cas, les premiers kilomètres sont avalés à vive allure, la neige est « béton »-comme on dit chez nous- et les traces sont  gelées. Merci les chiens, les écailles sont peu efficaces sur ce type de neige. Les couleurs sont splendides en cette fin d’après-midi, et le couvert boisé est surprenant, pour nous, habitués aux majestueuses forêts jurassiennes (le jurassien est très chauvin, mais c’est vrai qu’on a les plus belles forêts d’Europe, non ?). Chétifs bouleaux et saules… quelques courageux sorbiers tentent de faire leur vie qui ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices, c’est rien de dire que les hivers sont longs ici. D’ailleurs la première nuit sous tente va nous le rappeler, froidement. Au fil des kilomètres, les montagnes s’élèvent et au loin se profilent déjà des sommets plus escarpés, les alpes suédoises, plus précisément le massif du Kebnekaise,  point culminant de la Suède.

17H30. Il est temps de monter le camp. Premier test de matos. Le soleil nous chauffe encore les pommettes, mais on sent que la nuit risque d’être froide.

ilfautcassercetteneigecrotepourleschiens.jpg

La neige croûtée nous conduit à  installer nos tentes sur les anciennes traces de motoneige. On installe juste la steck (out) -terme de musher pour désigner la chaine qui évitera aux chiens d’aller dévorer du renne -à l’écart en cassant la croûte (de neige). Notre croûte à nous c’est pour bien plus tard, car, oh malheur, les réchauds essence montrent des signes de faiblesse. Première nuit et déjà on sort le réchaud de secours.1ercampementquelquespartentrenikkaetkebnekaisestation.jpg

La température baisse rapidement ici et vers 19H00, le thermomètre annonce déjà 10 degrés sous zéro. Un bon test pour nos doudounes, sacs de couchage et autres draps en soie façon biocoop. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de partager la tente avec Elise: petit cours de contorsionniste ou comment rentrer dans son sac en soie, qui rentre dans son sac de couchage, qui rentre dans son sur-sac, qui rentre dans la doudoune rouge qui rentre dans la doudoune verte (ah non ça elle l’a sur elle!) et tout ça, bien sûr, sans donner de coup de reins à ses voisins, patients. « Ah zut, s’exclame Elise avec son sourire ingénu, j’ai oublié d’enfiler mes chaussettes ! », et là , rebelotte à l’envers. Sinon, elle est très sympa, notre spécialiste des gloutons!!

27 avril, 2010 à 18:18 | Commentaires (0) | Permalien


Départ

Nous y voilà!! Sophie, Nathalie et les chiens sont sur la route depuis deux jours et maintenant non loin de la Suède.

De notre coté, les sacs se remplissent,nous sommes plutôt juste en place! L’année prochaine on part au soleil comme sa nous aurons juste besoin d’un shortCool

Seb, Eric et Elo décollent de Grenoble samedi Midi, Manu et Elise de Paris à la même heure.

Nous serons perdu au milieu de nulle part pendant 15 jours nous ne pourrons donc pas vous donnez de nouvelles. Mais c’est promis dès notre retour nous vous ferons partager les photos et les récits…

En attendant porter vous bien et à BIENTÔT EN MONTAGNE….

equipebam.jpg

 

PS: Penser à nous quand vous mangerez des pâtes….

 

2 avril, 2010 à 14:58 | Commentaires (1) | Permalien


Matériel

Afin de pouvoir évoluer en autonomie et couvrir des distances acceptables, nous avons choisis le ski jöering avec pulka…

Ski jöring: skieur tiré par un chien nordique (des skis de randonnée nordique évidement, plus légers que des skis alpins, mais plus larges que ds skis de fond)

Pulka: petit traîneau (il est plus facile de tirer une charge que de la porter!!)

pulkas.jpg                skiderandonordique.jpg                     harnaisetlonges.jpg

UNE PULKA                  SKI NORDIQUE                      HARNAIS ET LONGES

 

brancards.jpg                                         letraineaulasof.jpg

BRANCARDS                                                TRAINEAU

Le principe est simple: 1 chien qui tire une pulka avec un brancard, la pulka est relié au skieur par une longe dynamique.

Le ski de rando nordique, c’est le retour au source du ski comme moyen de déplacement. Chez nous, dans le Jura, on dit « talon libre, esprit libre ». La technique en descente est la même qu’en alpin mais on peut descendre aussi en télémark. Seb, dans ses oeuvres, vous montre ici le télémark norvégien pratiqué avec un seul baton…

tlmkseb.jpg

30 mars, 2010 à 20:00 | Commentaires (2) | Permalien


Deuxième partie

Fin de la descente… tout le monde est ronchon sauf Sof qui s’est éclatée comme une gamine sur ses skis: « enfin un peu de technique! ».  Elodie et Calypso ont aussi  la banane en arrivant au pied des lacets « emmouillés… » Le reste de la troupe quant à elle n’est pas à prendre avec des pincettes, il est temps de reposer les gambettes!

Nous arrivons sur la route qui mène à Nikkaloukta: drôle d’impression de se retrouver face à la circulation et aux habitations (quoique tout est relatif, ici, une voiture passe toutes les 1/2 heures!) Nous traversons la route comme nous pouvons avec nos embarcations chargées et nous filons sur le lac.  Nous n’avons pas encore trouvé le temps de requinquer les estomacs et il faut vite skier sur le lac pour ne pas se ramasser la pluie qui semble pointer le bout de ses gouttes. Très vite, nous comprenons que le plan va devenir galère et nous envoyons notre éclopée des pieds (Nath) et Elo à la recherche du camion situé à 12KM de là…en stop. A leur arrivée, les filles doivent nous appeler pour confirmer qu’on peut rejoindre le bord et charger le matériel et les chiens. Nous ferons 2 voyages (enfin, c’est ce qu’était prévu initialement). Tout est bien, nous nous engouffrons dans les 40 cm de slush (neige complètement mouillée et très lourde) du lac. Sophie ouvre la marche avec Cosmic et ses 30 KG de muscles infatigables…Ciboulette et Calypso sont attelées en doublette à Australe et Bohème, tout un poème!

Elise a les pieds trempés voire gelés et Sof est en début de déshydratation: nos valeureux gaillards quant à eux nous font comprendre  que la route est longue et qu’il ne faut pas perdre de temps à se protéger les pieds ou de s’arrêter boire un coup: c’est une question de mental paraît il… Des motoneiges nous doublent et reviennent, Sophie leur fait signe pour leur demander un coup de pouce, histoire de profiter des traces et d’économiser les jambes et les pattes des chiens. Les lappons peuvent se montrer sympas parfois: on leur offre notre alcool de sapin et ni une ni deux, ils enfourchent leur machine pour nous tracer 2 ou 3 km de piste. Une aide qui nous est précieuse et qui nous économise un tantinet d’énergie. Le téléphone ne sonne toujours pas et le bout du lac est loin, très loin. Pour la première fois depuis le début du raid, l’aventure devient difficile.

Le petit ilot qui semblait être à bout de doigt semble s’éloigner…nous sommes punis. Le téléphone ne sonne toujours pas… et la neige est lourde, les pulkas ont doublé de poids…

le téléphone n’a pas sonné! Au loin, après 4h d’effort sur le lac nous arrivons épuisées: je parle des filles car les garçons eux pètent la forme… (!!!) Nath nous appelle du haut de son camion blanc. A notre arrivée au port (!) , elle est très très en COLERE et pour cause: depuis 3H, elle nous suit en camion le long de la berge, elle hurle, elle klaxonne, elle fait signe et RIEN, rien de rien : nous ne venons pas à elle, nous l’ignorons (enfin, c’est ce qu’elle croit!). La vérité est que nous ne l’avons jamais vu, les rives du lac bordées d’arbres se mêlaient avec les couleurs du camion et le la Nath…ambiance pas trop décontractée..Scelle

.

vostok2.jpg

A notre arrivée, Elodie dort à poings fermés mais elle a pris le temps de nous louer 2 chalets au camping : quel bonheur: il fait chaud, des vrais lits et des lavabos pour les douches sont à notre disposition!!! les chiens sont aussi fatigués que nous mais ils ont vraiment été sympas cet après midi et heureusement: tout est bien! Nath nous offre un repas de rois et Sof part discuter avec les voisins qui reviennent d’un raid en traineaux, du matériel… les affaires reprennent.Clin doeil

 

 

17 juillet, 2010 à 21:30 | Commentaires (1) | Permalien


Lundi, long comme un jour sans…eau

1ere partie:

Cette dernière étape a été bien mouvementée: après avoir passer plus de 2 heures à faire fondre la neige pour le repas du soir, nous voici donc prêts à passer notre dernière nuit sous la tente. Et quelle nuit! Après un coucher de soleil aux milles couleurs, nous partons sous nos tentes dispersées au 4 coins de la petite cabane desespérément close. Chacun pense avoir trouvé la meilleure place pour passer la nuit: Eric, Manu et Elise sont à 300m du camp cachés dans les épinettes, les ficelles de la tente bien tendues à cette pseudo forêt. Seb et Elodie sont nichés dans une fosse à froid a portée de bras du réchaud quant à  Sof et Nath, elle sont à l’abri du vent, (enfin ça, c’est ce qu’elles croient) collées à la cabane.

soleil.jpg

Le blizzard arrive dans la nuit, change de sens et s’engouffre dans la tente aux fermetures explosées: on dirait qu’un fantôme aux formes extraordinaires a décidé d’entrer dans notre maison de toile! Nath, habituée aux nuits mouvementées sous la tente a confiance. Sof, se dit que tout va s’arracher et qu’elles risquent de se retrouver à la belle étoile d’ici peu de temps…

Le lendemain matin, le petit déjeuner est rapide: Seb s’est pourtant levé aux aurores pour faire fondre la neige mais nous n’avons pas faim: l’envie d’avancer se lit sur tous les visages. 2eme départ dans les règles de l’art: mieux vaut tard que jamais! Le relief est plat et long, nous dominons la vallée de Nikaluokta et sentons la fin de l’épopée se profiler et tout le monde met les bouchées doubles: Eric part devant avec sa pulka et sa chienne qui le suit…(chercher l’erreur), Elise skate inlassablement avec l’infatigable Bohème, Elodie et Calypso ont un petit « coup de moins bien »: Sof accroche Cosmic en doublette a leur attelage et c’est reparti comme au premier jour! C’est bon pour le moral! Manu, Syam, Seb, Vostok, Nath et Ciboulette gardent un rythme régulier: tout va pour le mieux…jusqu’à la descente vers la vallée.

La neige est profonde, lourde, très lourde: de la soupe version XXL. La piste plonge dans la forêt sinueuse et il est presque impossible de freiner: les skis sont trop grands! Manu préfère enlever ses skis: il tient à ses genoux le gaillard! Sof part devant avec Cosmic et Syam…elle retient aussi, par le brancard, la folle de Calypso qui a retrouvé la forme! Et plouf, dans l’eau (euh, non dans la neige mouillée) jusqu’aux hanches… drôle d’impression de se retrouver ensevelie… ouf, Cosmic et Syam se sont arrêtés à la voix sinon, la skieuse en était bonne pour une double entorse du genou! elle en a perdu ses bâtons, restés introuvables…c’est le moindre mal. Chacun gère la crise comme il peut: le poids des pulkas pousse les chiens et ils partent au galop. Eric, excellent skieur qu’il est, prend Ciboulette qui commence à écarteler notre pauvre Nath qui n’a plus de pieds…Elise ne lâche pas prise mais n’en peut plus de retenir Bohème qui part au galop, Seb ronchonne après sont aveugle de chien: tout ne va plus pour le mieux!

 

 

5 juillet, 2010 à 22:02 | Commentaires (0) | Permalien


Dimanche, la journée des cabrioles

Cette matinée commence joyeusement: le repos d’hier a ravivé les motivations et chacun en va de son idée pour déguiser son chien.

Manu et Syam Seb et VostokElise et Boheme

 

Après un départ effectué dans les règles de l’art (tous à la queue leu leu pour tenir le chien du copain situé derrière soi), nous partons sous une petite neige légère, vent dans le dos. Les chiens filent et semblent avoir de plus en plus la forme… une partie de nos sacs à dos se retrouvent dans les pulkas qui se sont allégées durant la semaine. Nous avançons bien et tout le monde prend plaisir à glisser sur une neige qui semble plus rare en ces contrées… Bien vite, nous sommes stoppés par Seb qui a cassé l’attache du brancard…non c’est plutôt Vostok qui, comme à son habitude de chien aveugle, à tiré du mauvais côté et à tordu son attelage. Résultat: une attache arrachée pour le plus grand bonheur de Seb! Heureusement, la trousse de réparation est vite sortie et en 2 temps 3 mouvements et quelques « disputailles » entre Sof et Seb, l’attache est refixée à l’aide de fil de cuivre…vive le fil de cuivre et la pince Nederman (cet outil est un véritable petit bijoux, 100 fois mieux que le couteau suisse!) Nous voici donc repartis de plus belle: les chiens filent et nous font des frayeurs: eh oui, les gloutons ont laissé leurs odeurs sur la trace et Syam en profite pour envoyer notre Manu valser entre les taches de terres et les cailloux… quelle farceuse cette Syam. Manu en est bon pour une « gueulante » bien vite oubliée. Un peu plus loin, nous revoilà confronter à une belle pente déneigée et joliment garnie de cailloux gris…Avec les skis aux pieds et les chiens qui chassent, nous voilà gâtés…décidément, les chiens ont décidé de nous en faire voir de toutes les couleurs aujourd’hui… après le réchaud, les chiens participent à mettre du piment dans notre voyage!

dpart.jpg

Les paysages sont splendides mais totalement différents de ce qu’on a vu jusqu’ici: nous glissons le long d’un lac dominé par de grandes falaises et des cascades de glace qui nous rappellent qu’il est temps de trouver de l’eau. Nath, Elise et Seb partent à l’assaut du dit  lac gelé avec une broche à glace pour faire jaillir le précieux liquide… mais après 45 min de pioche et de ronchonnement, rien ne vient, c’est le désert, l’eau ne veut pas se montrer… et quel dommage car nous commençons sérieusement à avoir soif. Soif de chez Soif. Et quand nous avons soif, tout est plus difficile: les montées, les descentes, les sacs deviennent lourds et les jambes aussi! Enfin le pique nique arrive avec son lot de saucisses de Morteau, de Comté, de chocolat baigné dans la gentiane qui nous envoute et les rennes perchés sur la colline nous remontent le moral: tout va pour le mieux…Nath profite de la pause pour enlever ses chaussures complètement trempées: elle a les pieds violets, roses, bleus mais c’est sur, elle est mieux ainsi dit elle… nous lui proposons d’échanger nos chaussures avec elle pour la soulager et participer à sa souffrance, mais elle refuse 100 fois…jurassienne tête de Pioche?

cascades.jpg

 

Cette journée, riche en cabrioles de toutes sortes n’est pas terminée: une fois au bivouac, Sof a décidé d’allumer un feu: elle a tout prévu: l’allume feu , le petit bois, le moyen bois, le papier journal et oh bonheur, le feu flambe et réchauffe les mains et le moral…mais pour 10mn, le bois est trop mouillé et nous avons oublié de faire une arrivée d’air par le bas: cela nous arrivera qu’une fois nous direz vous mais quel dommage, l’odeur des épinettes était si agréable…et cette chaleur après 10 jours de froid… dur dur d’être tête en l’air!

feu.jpg

 

 

 

 

29 juin, 2010 à 21:13 | Commentaires (0) | Permalien


Samedi, la vengeance du réchaud…

Le groupe s’endort paisiblement à peine troublé par le gloussement incessant des lagopèdes. On commence à être habitué. Elise est à son tour prise de nausées, mais gentille comme elle est, ne réveille pas ses camarades de chambrée… Le vent redouble durant la nuit. Les corps morts prototypes du Seb tiennent bon (un bout de fil et un couvercle de pot de confiture enfoui dans la neige, malin ce Seb, le roi du pot de confiture !!). Le lendemain, tempête de ciel bleu, et on se dit que l’on est vraiment verni !! Mais un vent glacial à décorner les cocus s’est invité au petit déjeuner .

pc120105.jpg

Les contreforts de notre stuga, que Seb a essayé en vain d’ouvrir la veille, servent d’abri pour le petit déjeuner. Au menu, polenta sucrée sur son lit de fruits secs (quelque chose de déjà vu, non?) et un peu de pâte d’abricot made in biocoop (merci Elise) afin de réveiller nos papilles engourdies par la monotonie des repas…

On réfléchit à la journée. Le bilan n’est pas fameux. Après avoir retourné une énième fois les pulkas, il faut se rendre à l’évidence, un réchaud s’est fait la malle !!  Nath s’exclame : « C’est pas la faute à Ciboulette », car dans l’épisode précédent  Ciboulette a renversé sa pulka pour aller essayer de croquer du renne, en semant au passage quelques affaires !! Non, il semble bien que le réchaud se soit caché dans la stuga du Peiggaluoppal. Vous savez ce  petit refuge aux allures de cagibi mais aux toilettes trois étoiles. Histoire sans doute, d’échapper aux remontrances du Seb qui critiquait  la petite flamme toute jaune du réchaud de secours qui chauffe pas !!

Bref, avec un réchaud, plus le petit réchaud de secours, on va passer la journée à faire de l’eau. La crainte de nos sages doyens, c’est de se trouver dans les prochains jours en plein blizzard, de ne pas pouvoir sortir des tentes et de tomber en rade d’eau, condamnés à manger de la neige. Il est vrai que vu la lenteur de nos réchauds, plusieurs repas chauds on été remplacés par des petits sandwichs made in jura. Entendez Pain du lac (et on n’en manque pas, 18kg au départ!) et saucisses de Morteau accompagnées de comté ou de tomme du Haut Jura. Nos 8 kg  de pâtes ont du mal à disparaître au désespoir de Cosmic qui tire la pulka la plus lourde.

Au soleil et à l’abri du vent, il commence à faire bon (dans la doudoune quand même !). Le déjeuner s’éternise. On décide, compte tenu de l’heure tardive de passer une journée, ici, près du lac du Vealarjärvi. Le paysage est grandiose, le camp bien installé et pour une fois pas de corvées de démontage de tentes et autre séchage de duvets. Le groupe se divise. Super »Seb » (et ses jambes de trentenaire presque quadra) et Manu, qui a envie de montrer de quel bois il est fait, sont les héros du jour. Ils combleront les 34 km aller et retour pour aller chercher le réchaud (acheté 150 euros à Kiruna tout de même!).

pc130113.jpg

Sof sort la voile prêtée par Lulu. Le vent lui a donné des idées. Elo, Nath et Eric profiteront du temps libre pour une petite ascension de 700 m de dénivelée pour rejoindre les 1472 m de l’Alup Suorddacohkka. Elise, quand à elle, garde le camp et son estomac malade.

Elo et Nath décident de faire l’ascension à pattes. Les chaussures de ski  prêtées gracieusement transforment  les pieds de la doyenne en  un truc mou (à force de baigner dans l’eau) , et dur ( car gelés) à la fois,  merci Eric, tes chaussures sont étanches, mais seulement une fois que l’eau est dedans ! Eric quand à lui, préfère les skis, heureux de voguer sans les chiens ni la pulka. Nous prenons de la hauteur et le regard change, nous qui sommes restés dans les vallées depuis le début du raid. Ce qui surprend le plus ici, ce sont les distances. Les sommets paraissent si proches, mais à mesure que l’on avance, ils semblent reculer !! En fait, on manque de repères : le camp est maintenant un petit point dans la vallée et nous mesurons maintenant la distance parcourue. On aperçoit des traces étranges, auxquelles nous ne sommes pas habitués dans le Jura. Trop petites pour être celles d’un ours, peut être un glouton, un plantigrade connu des régions arctiques.

p4100144.jpg

Elise n’a qu’a bien se tenir. Nous croisons deux motoneiges sorties de nulle part qui se dirigent vers notre camp de base. ! Heureusement que Seb a échoué dans sa tentative d’ouvrir la stuga… Au sommet, la vue est incroyable: 360° sur le massif du kebnekaise, on aperçoit même les fumées de la mine de  fer de kiruna à 80km. On devine notre itinéraire à travers les profondes vallées qui s’étirent devant nous. Les montagnes sont à perte de vue, ce territoire est vraiment immense.

p4100153.jpg

Il est temps de redescendre. Eric s’en donne à coeur joie en « télémarkant » sur les pentes soufflées par le vent. La neige est très changeante, croutée, glacée. Dans le bas, la qualité neigeuse s’améliore. Petite neige poudreuse sur fond dur, un vrai régal.

Au camp, Sof essaie tant bien que mal de démêler  les fils de sa voile. Les motoneiges croisées dans la montée se sont bien arrêtées à la stuga. On n’en saura pas plus. Sinon qu’un beau lapon aux yeux bleus, d’après nos nymphades,  les aurait interpelées pour demander si on avait croisé deux gloutons. A voir le sourire de la Sof et d’Elise, on se dit que Seb n’aurait pas dû laisser les filles toutes seules. Lapon= fripon (4).

17h30. Retour de Manu et Seb… sans le réchaud. On se dit que le lapon est vraiment fripon (5)!!

Seb pour se consoler passe la soirée à comprendre le maniement de la voile enfin démêlée par la Sof. A 22h00, le groupe est couché sauf Seb. Infatigable, notre doyen !! De toute façon Sof est tombée dans les bras de Morphée, les yeux bleus plein la tête.

pc130124.jpg

7 mai, 2010 à 9:02 | Commentaires (0) | Permalien


Vendredi, au pays des rennes…

pc120096.jpg

Le beau temps est revenu en ce vendredi… Du coup, les températures ont chuté, -11° dans la petite cabane ce matin. Seb en profite pour  une pause technique face aux montagnes tandis que Sof reste emmitouflée dans son duvet. Manu semble aller mieux après une nuit de 15 heures !! couché à 18h et levé à 9H00 !! Il nous avouera avoir passé la pire journée de sa vie hier.

La nuit a été difficile pour tout le monde, car Manu a discrètement soufflé son p’tit virus sur l’ensemble des tentes. Seul le Seb solide comme un roc semble avoir échappé à la contamination insidieuse !! Autre désagréable surprise, on avait laissé les gamelles dans le petit cagibi, pardon refuge, et elles sont couvertes  de crottes de rongeurs… Il faut donc les faire tremper 20 minutes dans l’eau bouillante.

Si, comme cela ne suffisait pas, les fermetures éclair de la tente de Nathalie, après avoir donné quelques signes de faiblesse, ont fini par rendre l’âme. Le kit couture d’Elise nous sauve la vie. Nathalie est bonne pour une heure de travaux manuels à 9h00 le matin par moins 8 degrés , sans gants évidemment !, Elle condamne une bonne partie de l’ouverture ! Entrer et sortir de la tente deviendra dès lors un véritable parcours du combattant, ramper, se contorsionner… et quand les nuits sont froides, cela stimule quelques envies naturelles qu’il faut parfois  satisfaire à des heures indues, plaisir, plaisir !

pc120097.jpg

Mais ce qui prend le plus de temps, c’est de faire fondre la neige pour remplir nos poches d’eau et désinfecter la vaisselle. Manu, et ses doigts magiques, s’attèle à amadouer les réchauds qui aujourd’hui ont la forme.

Départ finalement vers 12H00. Sur le départ, nous croisons quelques pêcheurs qui percent le lac limitrophe pour pêcher en famille assis sur une peau de renne. Nous envisageons une petite étape, tout le monde à part Manu (évidement!!) étant patraque : 17 km tout de même dont le passage d’un col avec 300 m de dénivelée. Le soleil cogne fort et vers 14H00 à l’approche du col du Vaelaeri, les vestes sont tombées, les visages grimacent. Tout le monde a enlevé les skis, compte tenu de certains passages à fort pourcentage. Il faut tirer les brancards pour aider les chiens qui eux aussi en bavent!

pc120099.jpg

La récompense est au bout de la « bosse ». La vue est splendide et une longue descente de 6km nous attend vers la stuga où l’on projette de s’arrêter pour la nuit. On ne croise plus personne depuis qu’on a quitté l’itinéraire de la Kungsleden. C’est vrai que sur cette partie de notre raid, qui représente environ 80 km, il n’y a pas de refuge STF, ni de stuga « violette ». Seuls quelques lapons, éleveurs de rennes ou pêcheurs empruntent communément ces vallées l’hiver.

Nos skis filent dans cet univers magique ou le silence est roi. Australe prend un malin plaisir à narguer ses camarades, ses pattes giclant sur la neige, elle enrhume le groupe. La descente, jamais technique, serpente au travers de petites bosses et corniches, Australe savoure comme nous le plaisir d’être ici. Elle doit préférer ce relief aux longues traversées de lac où son nouveau maître doit prendre le relais pour tirer chien et pulka !!

Des rennes traversent juste devant nous (regardez bien sur la photo, on les voit). Nous prions pour que les chiens restent concentrés dans la descente. Cosmic et la Sof sont au top, glissent sans sourcilier, la caravane passe… La Nath, tirée par Ciboulette qui n’est pas la moins feignante, et qui est une très bonne chasseuse de rennes,  arrive même à prendre une photo avec une pulka qui ne pense qu’à se renverser !!

p4090136.jpg

Magique cette étape au milieu des rennes !! Au fond, le lac du Vealejärvi étend ses eaux glacées, entouré de sommets abrupts. C’est là, près d’une stuga, que nous choisissons d’établir le camp. Même si ces stugas sont fermées, elles offrent néanmoins une protection efficace contre le vent pour les chiens et les réchauds.

Il est 15h3o. Je passe le moment toujours amusant où Sof et Seb, installent la stake-out. Je crois qu’il vont finir ensemble, car qui aime bien, châtie bien !! mais chut… faut pas le dire !! Le fait d’arriver tôt dans l’après midi à notre étape nous permet de nous installer confortablement, sur un banc sculpté dans la neige, pour prendre notre repas de midi… à quatre heures. Nous sommes légèrement décalés dans nos horaires, mais l’important est finalement de faire les choses aux moments opportuns et d’avoir du substantiel à se mettre dans l’estomac, l’heure n’a aucune importance. D’ailleurs, dans ces contrées très septentrionales, les jours s’allongent à une vitesse folle, le soleil nous gratifie d’un quart d’heure supplémentaire de chaleur (relative) et de lumière chaque jour.

pc120102.jpg

En dessert, c’est la fête, chocolat chaud pour tout le monde !! On vous rassure nos estomacs vont mieux. L’horizon se colore d’orange tandis que des brumes menaçantes envahissent peu à peu les sommets. Les tentes sont montées en un clin d’oeil pendant que Sof nourrit ses chiens. Manu bichonne les réchauds… Ah non tiens, LE réchaud… Qui a rangé le deuxième réchaud? Eric (non lui il ne perd jamais rien: même pas la cuillère de sa popote que papa Seb prend soin de ranger derrière lui, ni ses gants qu’il laisse sur un rocher, ni son bol blanc dans la neige….), non, Sof, non, Elise, non. Elo.. Bref pas de réchaud à l’horizon. On ressort le réchaud de secours qui nous fait les mains toutes noires et qui rend malade le Manu !!

Bref, encore une soirée galère à fondre de la neige…

pc120111.jpg

6 mai, 2010 à 21:52 | Commentaires (0) | Permalien


Jeudi, un coca SVP !!

La nuit a été mouvementée car nous avons dû veiller tard: les réchauds flambant neufs n’ont pas été à la hauteur de nos espérances. Si neufs soient-ils, ils ne « carburent » qu’en photo sur la boite de présentation. Dans la réalité, il nous faudra 5 heures pour constituer notre réserve d’eau ! Et encore elle est a moitié pleine ! Seuls les doigts magiques de Manu, décrété responsable en chef des réchauds, nous ont sauvé de la bérézina. Car sans réchaud, pas d’eau, pas de délicieuse polenta ni de pâtes en purée ! Adieu repas frugaux ! D’autre part, et peut-être la conséquence de cette attente au froid dans les vapeurs d’essence, Manu a été malade toute la nuit, se relevant précipitamment pour rendre à dame nature le repas 3 étoiles de la veille. Cela à 2H15 du mat (je le sais, j’étais dans la tente !). Vous comprendrez que ce matin, ce n’est pas la forme pour le p’tit Manu…

.pc110092.jpg

Pas de chance pour lui, ce matin le soleil joue à cache cache et les tentes sont recouvertes d’une petite neige tombée durant la nuit. D’après Elise presque 10 cm, elle n’est pas marseillaise, mais Reimoise, vous savez le pays du meilleur vin du monde ! Mais la couche blanche fait tout au plus trois centimètres !

Dans tous les cas, ça souffle toujours un peu, ce qui a le mérite de faire sécher duvets et thermarests… Et puis le vent est toujours dans le bon sens pour nous. A force de croiser des  »stuga » fermés, on a compris que les refuges symbolisés par un triangle noir ne sont que des maisonnettes lapones privées, et donc fermées, et celles, beaucoup moins nombreuses, symbolisées par un triangle violet, ouvertes. Grosse déception, à part  ce soir, il n’y a plus de triangle violet le long de notre périple. L’itinéraire que nous avons décidé d’emprunter quitte la kungsleden (voie « royale » des randonneurs qui traversent la Laponie suédoise du nord au sud) après Alesjaure. Et donc ces « petites stugas » ouvertes (où il n’est pas permis de dormir d’ailleurs) qui servent d’abri en cas de mauvais temps ne se trouvent que sur l’itinéraire de la kungsleden.

La large vallée que nous suivons jusqu’à Alesjaure où se trouve un refuge STF descend tranquillement au milieu de blocs pierreux erratiques. Paysage démesuré, sentiment d’immensité, l’homme n’a que peu de place ici ! Syam à l’instar de son compagnon de cordée Manu, n’a pas la forme. Les dents sont serrées pour le dernier, et la langue pendante pour l’autre. Les kilomètres ont l’air de s’écouler lentement et péniblement pour les deux compères. Sof décharge la pulka de Syam pour qu’elle aide Manu au mieux mais apparemment, le binôme a le moral en bas des chaussettes!

Arrivée au grand lac d’Ales (Jaure signifie lac en sami), Nath  propose d’aller remplir nos poches d’eau au refuge. Finesse, sens du contact, et voilà 30 litres d’eau qui vont garnir la pulka du costaud Cosmic. Et, en prime un coca pour Manu afin de lui retaper l’estomac gargouillant. Elle est sympa cette Nath quand elle veut ! Elle arrive à nous trouver un coca en plein nul part ! Pendant ce temps là, nous tentons de maintenir les chiens au calme mais Vostok qui ne voit rien, n’a pas compris  l’intérêt de cette pause rallongée: commence un joyeux spectacle entre Seb et les hurlements de l’animal: « tu vas fermer ta G….!!!!, je vais te couper les cordes vocales! » ah, quelle patience ces garçons!

Il est déjà 12H00, et nous décidons d’aller manger à l’abri du vent et des quelques flocons dans une cahute « violette »à 4 km le le long de ce grand lac d’Ales. 3/4 d’heure plus tard, le ventre criant famine, cherchant en vain le refuge comme autant de blocs pierreux tous noirs se confondant désespérément dans le blanc de la neige, on renonce. Une barque retournée derrière un  gros cailloux taillé par les vents fera l’affaire pour notre déjeuner… Pas facile l’orientation sur une carte 1/100 000 ème !!

pc110094.jpg

L’après-midi sera courte, on est à 2h00 du point de chute, le dernier triangle violet de notre périple. Manu pourra en profiter pour reposer ses tripes malmenées!! On a la chance de trouver de l’eau le long d’un petit cours d’eau dégelé qui nous permettra de remplir nos 9 thermos. Ce soir, pas de corvée de réchaud.

Eric a échangé fonzi-Bohème contre la douce Australe. Pendant qu’Elise file cheveux au vent, Eric tire Australe qui joue à renverser les rôles !!

16H00, nous découvrons le petit refuge, consternés ! C’est minuscule, sans table, à peine de quoi faire tenir nos réchauds et le Manu malade. Ca ne vaut pas nos petits refuges suisses du Marchairuz aux poêles qui crépitent chaleureusement!!

 

 

5 mai, 2010 à 10:23 | Commentaires (0) | Permalien


Mercredi, journée marathon

Le lendemain, le vent a redoublé, ça souffle vraiment très fort. Les belles croupes arrondies des montagnes ont disparu sous d’épaisses masses nuageuses. Par chance, une petite fenêtre de bleu se devine au loin, pile vers notre destination. On prévoit une grande journée de près de 27 km avec le passage d’un col (tjäktapasset) à 1100m d’altitude. D’après la carte, au bout de ces kilomètres, un petit refuge non gardé, que l’on devine assez spartiate devrait être ouvert pour nous permettre de manger abrités du vent.

pc100076.jpg

Les « jeunots « qui ont toujours le mot pour rire ont sorti le masque et le buff (petit foulard pour se protéger le bas du visage), histoire de se fondre dans le paysage. Par chance, le vent souffle dans le bon sens et en 1H chrono, sans avoir donné un coup de patin, nous avons déjà avalé 10 km . Ils sont trop forts ces chiens !!  Elise ne reconnait plus Australe qui file au vent, et, en « un temps » (technique de skate pour les non -skieurs) dépose tout le monde!!

Nous filons un peu trop vite d’ailleurs et devons contourner un lac gelé que les chiens n’auraient pu traverser. Un chien sur la glace c’est comme Bambi qui apprend à marcher: les pattes giclent dans tous les sens et l’animal se trouve à plat ventre, museau sur la glace!! Le skieur aussi d’ailleurs!

pc100071.jpg

Nous avançons mais le vent ne faiblit pas. Ce midi, il va falloir trouver un abri. Mais si ça semble si facile dans notre beau Haut-Jura aux forêts bien fournies, ici, dans cette immensité blanche aux larges vallées, cela est plus compliqué !  Nous croisons un groupe d’une petite dizaine de pulkaïstes qui vogue à notre rencontre. Eux, ont le vent de face, et ça n’a pas l’air d’être la joie : cachés dans leur gore-tex et bonnets descendant jusqu’au menton, leurs skis ont l’air de glisser péniblement!!

pc100070.jpg

Ils paraissent envier nos chiens derrière lesquels notre groupe vole sans donner un coup de bâton. A 12hoo, nous sommes au refuge STF de Sälka. Nous avons fait la moitié du chemin et profitons des baraquements pour faire notre pause à l’abri du vent. Saucisses de Morteau et tomme du Haut-Jura : ça, c’est du casse-croûte !

L’après-midi s’annonce plus physique avec la montée du col. En effet, ça grimpe raide et il faut aider les chiens. Certains choisissent d’enlever les skis, d’autres de rajouter des peaux de phoques. Deux techniques : soit on tire le brancard du chien pour le soulager ou on pousse la pulka avec nos bâtons (on avait pris soin d’équiper les pulkas d’un couvercle de pot de confiture afin de ne pas les abimer lors de la poussette avec les bâtons). Finalement, ça ne sera pas la montée la plus difficile mais la descente. Ah ces chiens ! Ils ne vont jamais là où on veut qu’ils aillent ! Là, ça été folklorique. Le Creps de Prémanon devrait inclure une descente hors piste en ski-pulka au monitorat de ski ! Le chien veut toujours faire au plus court, même si la neige croûtée n’autorise pas de beaux virages télémark comme aime en faire notre doyen, l’ami Seb. Palme d’or pour Elo, auteur d’une belle pirouette tête dans la neige et skis en éventail. Sa chienne Calypso, Clown de son surnom, en remue encore la queue ! Mais on a presque tous été au tapis. Sauf, les anciens qui gèrent leurs skis comme des pros !

La descente se fait moins technique par la suite. Les quatre derniers kilomètres nous chauffent les cuisses car il faut freiner pour éviter de passer devant le chien. Nous croisons un couple médusé par cette caravane lancée au galop. Nous tâchons de faire bonne figure car certains d’eutre nous portent « LA » veste de moniteur, quand même !

Le paysage est toujours grandiose. Il fait grand beau maintenant et les soirées offrent toujours ici des couleurs magiques. La petite cabane tant espérée  se devine au loin. Nous allons apprendre à nos dépends que ces cabanes lapones (stuga en lapon) ne sont pas toutes ouvertes. La plupart d’entre elles sont privées et défendues par de gros cadenas. Lapon = fripon (3). Et la danse d’Elise et Nath n’y changera rien !

pc100091.jpg

 

 

4 mai, 2010 à 15:51 | Commentaires (0) | Permalien


Photos

vuesurlelacdesingi.jpg

Cliquez sur la photo pour découvrir l’album photos du raid

27 avril, 2010 à 19:34 | Commentaires (0) | Permalien


123